Archives de catégorie : Châteaux-forts

L’imprenable Metz ! Les fortifications médiévales… Exposition à la porte des Allemands

L'imprenable Metz ! Les fortifications médiévales… Exposition
Espace d’accueil de l’exposition

Actuellement, une exposition vient de débuter qui mérite absolument d’être signalée : L’imprenable Metz !

L'imprenable Metz ! Les fortifications médiévales… Exposition

Elle se tient dans un lieu prestigieux, la Porte des Allemands (Metz), du 24 novembre 2017 au 11 mars 2018 (l’accès est gratuit). Pour plus de détails, cf. l’agenda des expositions de la ville de Metz.

Ce travail est le fruit des travaux de l’association Historia Metensis qui fort des compétences de ses membres (archéologie, histoire…) a mené une série d’opérations archéologiques avec le soutien de la DRAC Lorraine, de Metz Métropole et de la Ville de Metz.

Si les travaux scientifiques ont été mis en exergue par le moyen d’une belle publication « Défendre Metz à la fin du Moyen Âge. Étude de l’enceinte urbaine » (sous la dir. de J. Trapp et M. Didiot), l’exposition vise à mettre les résultats à la portée du plus grand nombre, jeunes et moins jeunes, simples curieux et, même, les amateurs plus avertis. Nous avons pris beaucoup de plaisir à la parcourir et, de facto, c’est assurément une belle réussite !

Une exposition et un secteur à (re)découvrir sans retenue…

Metz, Porte des Allemands
Porte des Allemands (état 2012)
Metz, Porte des Allemands
Porte des Allemands (état 2017)
Metz, Porte des Allemands
Une vidéo très instructive sur les fortifications médiévales de Metz
L'imprenable Metz ! Les fortifications médiévales… Exposition, une serpentine
Serpentine (fin 15e s.)

L'imprenable Metz ! Les fortifications médiévales

La fausse braie du 16e s. était flanquée d’un moineau (i.e caponnière) offrant quatre embrasures de tir pour des armes à feu. On y accédait par un souterrain dont l’accès est aujourd’hui condamné…

Metz, Caponnière de Desch (état 2017)
Caponnière de Desch (état 2017)

La caponnière est richement ornée et on y trouve plus particulièrement un élément du bas-relief qui représenterait son commanditaire, Philippe Dex, gouverneur des murs de l’époque et chargé de l’entretien de l’enceinte.

Metz, Caponnière de Desch (état 2012)
Détails du bas relief avec une figure allégorique pour le moins suggestive (état 2012) !

Indispensable pour mieux comprendre… Réf. bibliographique :

TRAPP J., DIDIOT M (Sous la dir.) – Défendre Metz à la fin du Moyen Âge. Étude de l’enceinte urbaine. Nancy, 2017.

Balliet J.M., 2 décembre 2017

Forts de Joux, du Larmont inférieur et al. : une anthologie de la fortification française. 1re partie !

Fort de Joux — Le château historique précédé d’une 2e, 3e et 4e enceinte ! À droite du cliché, le « fort moderne » occupant l’espace de la 5e enceinte.


Il existe des lieux, peu nombreux, qui offrent presque en un clin d’œil une perspective sur plusieurs siècles d’architecture militaire. Près de Pontarlier (Doubs), on peut y compter le fort de Joux et les ouvrages adjacents. En effet, la route menant de Suisse à Pontarlier passe par une cluse — une sorte de défilé encadré par des escarpements — qui forme un passage obligé idéalement situé pour contrôler cette importante voie de communication et, plus particulièrement, y prélever des droits de péage.

Fort de Joux (front nord-est) — Vue depuis la route menant de Suisse à Pontarlier et passant par une cluse.
Contrôler un défilé… 1. Fort de Joux 2. Fort du Larmont inférieur 3. Corps de garde crénelé 4. Galerie de fusillade

Introduction sous la forme d’une ballade aérienne (juin 2017) [durée 3min.56].

Fortification médiévale — le château de Joux

Les premières traces se retrouvent dans les archives dès le XIe siècle. Il est régulièrement modernisé : ajout de tours sur le front nord, construction des tours Mirabeau, Grammont et d’une seconde enceinte au XIIIe siècle auxquels s’ajoutent, vers la fin du XIVe siècle, la fameuse tour du fer à cheval ainsi qu’une troisième enceinte et un fossé.

Durant la guerre de Trente Ans, il est un temps aux mains françaises avant d’être rendu avec l’ensemble de la Franche Comté à l’Espagne. Le traité de Nimègue (1678) acte le rattachement de la Franche Comté (et du château de Joux) à la France et ouvre de nouvelles perspectives architecturales…

Le château de Joux (enceinte médiévale) précédé d’une seconde et d’une troisième enceinte comprenant la tour dite du fer à cheval.

Fortification bastionnée — le temps de Vauban !

Entre 1678 et 1690, les contributions de Vauban et de ses ingénieurs modifient durablement l’aspect du site.

Fort de Joux en 1717 (source bnf) — Les cinq enceintes ont été édifiées.

[1678-1690] Adaptation de la troisième enceinte (médiévale) et construction d’une quatrième enceinte prenant la forme d’un ouvrage à cornes et d’une cinquième enceinte suivant le même modèle. L’ensemble couvrait un vaste glacis au sud alors que les fronts nord et est contrôlaient la route passant par la cluse. [1690] Nouveau projet pour le château de Joux.

Porte monumentale du 17e s., accès à la quatrième enceinte. Si le pont-levis à flèches correspond à l’organisation du 17e s., les gardes corps correspondent à des adaptations de la seconde moitié du 19e s.
Le temps de Vauban : Le front de la quatrième enceinte prenant la forme d’un ouvrage à cornes.

[1690-1693] Reconstruction de la seconde enceinte médiévale, construction de casernes et, surtout, d’un puits profond de 174 mètres ! D’autres adaptations de l’enceinte — nouvelles embrasures, modification de la tour du Fer à cheval — sont essentiellement destinées à renforcer l’efficacité des tirs d’artillerie.

Fort de Joux — Temps de Vauban : Quatrième enceinte, demi-bastion gauche de l’ouvrage à cornes.

Fort de Joux — focus sur le noyau historique — la 1re enceinte — progressivement complété par quatre autres enceintes


Si la période de l’Empire se caractérise par l’usage du fort de Joux comme prison d’état, dont le très fameux Toussaint Louverture, il connaît les vicissitudes liées aux combats dans les années 1813, 1814 et 1815.

Époque de la Restauration et de la Monarchie de Juillet.

À la fin des années 1820, des travaux de réfection sont entrepris. Mais il faut attendre les années 1840, sous le gouvernement de la Monarchie de Juillet [1830-1848] pour qu’un programme plus ambitieux, il concerne l’ensemble des frontières de la France, soit entrepris. Outre la poursuite des travaux au fort de Joux débutés en 1835 — reconstruction de la 5ème enceinte et établissement d’une terrasse d’artillerie sur le donjon — on relève, en 1848, des modifications apportées à la 2ème enceinte (nouveaux parapets avec créneaux de fusillade, escalier de sécurité…).

Par ailleurs, on construit, entre 1845 et 1851, un fort sur la montagne du Larmont. Il s’agit d’interdire à un adversaire, l’usage d’une position qui offre une vue imprenable sur le fort de Joux ! D’abord baptisé Fort neuf, il est aujourd’hui plus connu sous celui de Fort du Larmont inférieur ou de Fort Mahler. Le dispositif de barrage de la cluse est complété par le retranchement du Chauffaud, une sorte de corps de garde crénelé très similaire à ceux du modèle 1846 que l’on trouve en nombre sur le littoral. Ce retranchement est relié au fort du Larmont inférieur par une longue galerie de fusillade.

Fort de Joux — À l’arrière-plan, le fort du Larmont inférieur depuis la tour du fer à cheval.
Le fort de Joux depuis le Larmont inférieur.
Fort de Joux, front nord-est précédé par le plateau de la Rochette (aménagement d’une batterie d’artillerie après 1879)

Guerre de 1870 et les fortifications du système Séré de Rivière.

En 1871, les forts de Joux et du Larmont inférieur interviennent afin de protéger la retraite de l’armée du général Bourbaki vers la Suisse. Au regard de son importance stratégique, les forts de Joux (i. e. Château de Joux) et du Larmont inférieur sont intégrés dans le nouveau dispositif défensif dû au général Séré de Rivière. En 1877, trois tonnes d’explosifs saisis par la douane explosent, détruisant entièrement le casernement. La reconstruction est réalisée, sous une forme plus moderne, entre 1882 et 1884 avec une dernière modernisation en 1891 (creusement d’un magasin sous roc).

Entre 1879 et 1887, des travaux sont dirigés au fort de Joux par un officier du génie, le capitaine Joffre. Il modifie sensiblement le front sud qui prend son aspect actuel : construction de deux casemates en fonte dure du type Mougin armées chacune d’un canon de 155 mm Mle 1877 du système de Bange et leurs magasins à munitions adjacents ainsi qu’un casernement à l’épreuve installé dans le fossé en arrière de la cinquième enceinte, aménagement d’une batterie d’artillerie sur le plateau de la Rochette, création d’un magasin sous roc ainsi que de nombreuses galeries, etc. Enfin, le fort du Larmont supérieur (fort Catinat) est construit en 1879 et renforce le dispositif défensif vers le nord. Enfin, en 1886, une batterie annexe est construite au sud-ouest, à l’extérieur du fort du Larmont supérieur.

Fort de Joux, front sud-ouest. Le « fort moderne » vient remplacer l’ouvrage à cornes du 17e.

Focus sur les casemates en fonte dure du type Mougin…

Le « fort moderne ». Les flèches indiquent les axes de tir des casemates de type Mougin. Les autres structures correspondent essentiellement à des magasins à poudre à l’épreuve.
Fort de Joux, front sud-ouest  — Embrasure d’une des deux casemates en fonte dure du type Mougin (au second plan, le puits de lumière).
Fort de Joux, front nord-ouest  — Embrasure d’une des deux casemates en fonte dure du type Mougin.
Fort de Joux, — Séré de Rivière : Accès principal au « fort moderne »
Fort de Joux —  Casemate en fonte dure du type Mougin armée d’une réplique d’un canon de 155 mm Mle 1877 du système de Bange.
Fort de Joux, — Séré de Rivière : Magasin à poudre du « fort moderne » destiné à alimenter les pièces des casemates Mougin. ndr : Noter les inscription d’époques sur le porte !
Magasin à poudre du « fort moderne »… Vestige du plancher en bois avec son vide sanitaire.


Miscellanées…

Fort de Joux  — Séré de Rivières : Casernement à l’épreuve  installé dans le fossé en arrière de la cinquième enceinte.
Fort de Joux — Grand escalier à vis dû au Cne Joffre (2e moitié du 19e s.) d’une trentaine de mètres de profondeur. Il conduit au grand puits et divers magasins.

Période 1930-1940.

Les forts bien qu’obsolètes bénéficient de quelques aménagements et subiront vaillamment l’épreuve du feu en juin 1940.

Aujourd’hui

Le fort de Joux a fait l’objet d’importantes campagnes de restauration durant les dernières décennies et mérite assurément le détour !


Il convient tout particulièrement de souligner la qualité de l’accueil par les personnels animant le site… Les propos et explications se sont révélés, hormis quelques détails, suffisamment pertinents, au moins pour un public non averti. À l’aune de ce que j’ai pu observer sur quelques autres sites, c’est un point qui mérite d’être souligné.


L’état des forts du Larmont est par contre bien plus préoccupant, tout particulièrement pour ce qui concerne le fort du Larmont inférieur. Les travaux de restauration entrepris, semble-t-il par une association, se soldent, pour différentes raisons, par un échec et l’état du fort semble aujourd’hui très préoccupant, à tel point que son accès est interdit car particulièrement dangereux. Enfin, il importerait également de prendre soin du corps de garde crénelé dont le caractère moins spectaculaire mais non moins exceptionnel, lui confère un intérêt patrimonial certain. Quant au fort du Larmont supérieur, il n’est visitable qu’en de rares occasions.

Les forts du Larmont seront traités dans la seconde partie de ce billet.


Dr Balliet JM — 2017

Château du Pflixbourg… Ancien verrou de la vallée de Munster vers l’Alsace


Cité dès le 13e s. comme une forteresse impériale permettant de contrôler le débouché de la vallée de Munster en Alsace, il passe de mains en mains jusque vers la fin du 15e s., date présumée de son abandon. Lors de la guerre de Trente ans, le château sera définitivement détruit.


Son enceinte prend une forme grossièrement pentagonale au milieu de laquelle se trouve le donjon.

L’accès semble d’un type unique en Alsace (Mengus et Baldrauf) puisqu’elle s’ouvrait sous la protection du donjon circulaire haut de 22 mètres dont l’entrée se trouvait à 9 mètres de hauteur !


Les logis étaient disposés le long de la muraille et sous le donjon, dans le massif rocheux, était installée une citerne.

Une lumière et des couleurs d’automne… Un autre visage des châteaux d’Alsace

L’entrée très particulière du château du Pflixbourg et le donjon avec un accès haut situé.

Ballade aérienne autour du château (durée 01:40)

Quelques vues prises du fossé entourant l’enceinte.

L’accès au château couvert par le donjon



Enfin, à l’instar du Hohlandsbourg, on peut découvre dans le fossé du château deux accès à un abri allemand construit durant le premier conflit mondial.

Abri allemand dans le fossé (1914-1918)… aujourd’hui condamné


Référence bibliographique : MENGUS (N.), RUDRAUF (J.M.) – Châteaux forts et fortifications médiévales d’Alsace. Dictionnaire d’histoire et d’architecture. Strasbourg, 2013.

Château de Hagueneck (13e s.) — Ballade aérienne (nov. 2017)


Niché au fond d’un vallon, à proximité de Wettolsheim, il ne se révèle que difficilement au regard du visiteur. D’ailleurs, seule une visite matinale permet de profiter d’un peu de soleil !


Il s’agit d’une construction aux dimensions très modestes : un mur d’enceinte de forme rectangulaire se raccordant à un donjon carré. D’après Mendus et Baldrauf, le donjon est plein puisque la seule partie creuse correspond à à un escalier très étroit qui permet d’atteindre la plateforme.


Pris de vive force à l’aide d’échelles, le château est incendié puis reconstruit au début du XIVe siècle. Il est complété par une enceinte située en contrebas à la fin du XIVe – début de XVe s.

—  ndr : un clic sur l’un quelconque des clichés… Affichage dans la meilleure résolution —

Ballade aérienne au-dessus et autour du Hagueneck (durée 54 s.)

Galerie de clichés… La situation du Hagueneck rend les prises de vue particulièrement difficiles 

Le château du Hohnack à l’heure dorée



Il est des lieux surprenants que je n’avais pas encore trouvé l’occasion de découvrir. À mon grand dam c’est le cas du château du Honack, pourtant situé à peu de distance de Colmar, sur le ban de la commune de Labaroche.


Ce site, très accessible, fait apparemment l’objet d’un entretien et d’une mise en valeur soigneux… Quelques panneaux, simples mais parfaitement compréhensibles, permettent aux visiteurs de mieux appréhender le site.

Pourtant, vu du sol, le château ne se livre que trop partiellement, ce qui confère à la signalétique un intérêt supplémentaire. En effet, ce sont les vues aériennes qui permettent de découvrir une architecture militaire intéressante. S’il reprend initialement les dispositions typiques d’un château du 12e siècle, les travaux de modernisation réalisés vers la fin du 15e siècle — reconstruction complète de l’enceinte pour l’adapter aux armes à feu — lui confèrent un aspect moins usuel.


Le château sera malheureusement démantelé sur les ordres de Louis XIV en 1655…


D’après Mengus & Rudrauf, les vestiges se répartissent suivant deux périodes bien distinctes :

  • Château du 12e siècle : donjon carré conservé sur un tiers de sa hauteur et caractérisé par l’utilisation de grandes pierres.
  • L’enceinte extérieure et le dispositif d’accès du 15e siècle. Elle reprend peu prou le tracé antérieur et réutilise les pierres à bossage mais le dispositif retenu offre désormais des canonnières et des embrasures destinées aux arquebuses.
Du bas, dans le sens des aiguilles d’une montre : 1. Tour-porte 2. Tour semi-circulaire 3. Tour des sorcières 4. Tour dite du moulin


La disposition intérieure répond aux standards du temps mais on relève avec intérêt l’existence de la partie supérieure d’un puisard relié à une citerne qui serait, aujourd’hui, encore fonctionnelle (nota : La margelle du puits jouxtant le donjon a été, quant à elle, restituée).

Ballade aérienne (durée 1min. 07)…

Quelques autres clichés…

Double-clic sur un cliché quelconque pour accéder à la galerie.

Orientation bibliographique sommaire

MENGUS (N.), RUDRAUF (J.M.) – Châteaux forts et fortifications médiévales d’Alsace. Dictionnaire d’histoire et d’architecture. Strasbourg, La Nuée Bleue, 2013.

Cache-cache avec les nuages & Castellologie… Lorsque l’Alsace se pare de ses couleurs d’automne

Si ce petit billet ne relève, au sens strict, ni de fortifications, ni de l’artillerie, il permet d’illustrer les quelques châteaux emblématiques de la région de Colmar, les Trois châteaux d’Eguisheim, sous une forme moins courue offerte par les vues aériennes… En jouant avec les effets produits par la brume matinale.

Très cordialement

JM Balliet

Nota : Pour voir s’afficher en grand les images, il suffit de cliquer sur l’une quelconque d’entre-elles… toutes les illustrations s’offrent à vous sous la forme d’un album. Il suffit d’un autre cic pour passer à l’illustration suivante.

Vue aérienne (Cliché Balliet JM — Dji Mavic Pro — oct. 2017)


Au même moment, vu du sol… il faut également composer avec la brume.

Vue aérienne (Cliché Balliet JM — Leica M Apo-Summicron-M 1:2/90 ASPH— oct. 2017)

Quelques clichés panoramiques… Ambiance, la plaine d’Alsace est encore couverte par une brume matinale !

Au premier plan : Husseren les châteaux

Une vidéo du vol [durée 1min. 40, disponible en 4K)…

Enfin, le même site se prête à d’autres expériences photographiques à l’aune de ce cliché pris d’un vol vespéral…

Vue aérienne (Cliché Balliet JM — Dji Mavic Pro — fin sept. 2017)

Les trois châteaux… cf. également un billet antérieur ici

Château du Bernstein, Dambach-la-ville (Alsace) — Vues aériennes, vol du 18 juin 2017

Château du Bernstein – palais seigneurial.

Le château du Bernstein, à 552 m d’altitude, est l’un des plus anciens châteaux d’Alsace et, peut-être, l’un des plus méconnu. Bien que difficile à voir de la plaine, il offre, à l’instar de nombre de ses congénères, un superbe panorama sur Dambach-la-Ville, la plaine d’Alsace et les massifs de la Forêt-Noire.

La légende dit qu’il aurait été érigé sur un rocher abritant une famille d’ours (Baerenstein pour «Rocher des ours»). Il est mentionné dès l’an 1009 mais ruines actuelles sont celles de l’édifice construit par la famille des comtes d’Eguisheim-Metz-Dabo aux 12e et 13e siècles. Il servit de résidence aux évêques de Strasbourg du 13e au 15e s.  avant d’être démantelé au début du 17e s.

Château du Bernstein – face sud

Entièrement construite en granit, il est relativement bien conservé, notamment autour du donjon qui forme la partie la plus ancienne de la forteresse. L’écrin de verdure qui l’enserre ne permet d’appréhender que difficilement toute l’étendue du château. Les vues aériennes se révèlent, dans ce cas, d’un apport très précieux.

On retiendra tout particulièrement la disposition des deux citernes. La première se trouve adjacente au donjon alors que la seconde est disposée sous un bastion. Elle correspond au captage d’une source et est constituée d’un couloir d’accès voûté de 9 m. de long aboutissant à une chambre carrée renfermant le réservoir d’eau. Cet aménagement contemporain du haut-château est probablement unique en Alsace.

Château du Bernstein — vue d’apex.


Et la vidéo du vol du 18 juin 2017 (durée, env. 4 min.)… Pour un meilleur rendu, voir ici.


Le donjon pentagonal, haut de 18 m.,  fait face à la montagne du Dachfirst (sa plate-forme est encore accessible et permet admirer un magnifique panorama) et protège les autres constructions disposées, en enfilade, en arrière.

 

Les trois châteaux d’Eguisheim — Vues aériennes (juin 2017)

Situées sur une colline dominant la région de Colmar, les silhouettes des ruines des Trois Châteaux marquent le paysage en se détachant au-dessus du vignoble. 

Les trois châteaux sont essentiellement formés par trois donjons. Du sud vers le nord : le Weckmund, le Wahlenbourg et le Dagsbourg (13e s.).

Le Wahlenburg forme le noyau le plus ancien puisqu’il est connu depuis 1006. Le Dagsbourg (au nord) et le Wahlenbourg étaient entourés d’un fossé alors que le Weckmund jouait de rôle de vigie et formait une première ligne de défense.

Dans l’enceinte commune des Trois châteaux, une chapelle castrale dédiée à Saint Pancrace et consacrée par Brunon d’Eguisheim (le futur pape Léon IX) aurait été construite au milieu du 11e s.

Toutes ces constructions, sauf la chapelle, furent ruinées en 1466, à l’occasion de la guerre que le meunier Hermann Klee suscita contre la ville de Mulhouse.

Vues aériennes des trois châteaux d’Eguisheim — Vol du 4 juin 2017

Nota : Pour une qualité optimale, vous pouvez également consulter ce film sur le site Vimeo — For best viewing quality refer to the Vimeo webpage. 

Les trois châteaux de Ribeauvillé — vues aériennes

Châteaux de Saint-Ulrich (1er plan) et du Girsberg.

Les trois châteaux qui dominent Ribeauvillé forment sans conteste un ensemble castral de premier ordre.

Il se compose des châteaux de Grand-Ribeaupierre (Saint-Ulrich), du Girsberg et le Haut-Ribeaupierre.

Le Grand-Ribeaupierre (Rappolstein i. e. Saint-Ulrich), apparaît sans conteste comme le fleuron parmi ce trio. Situé sur un promontoire rocheux à une altitude de 520 m., il contrôlait autrefois la route reliant la plaine d’Alsace à la haute vallée de Lièpvre. Témoin de la puissance des sires de Ribeaupierre, il fut leur demeure principale jusqu’à son abandon final au XVIe s. Différents styles architecturaux s’y juxtaposent puisqu’on y retrouve aussi bien des éléments de style romans, gothiques, voire Renaissance. Outre le donjon carré du XIIe s. et du logis contemporain, le château se voit adjoindre au XIIe s. d’une vaste salle décorée de neuf fenêtres de style roman — la salle des chevaliers —qui caractérise l’édifice. Vers 1435, une chapelle consacrée à Saint-Ulrich évêque d’Augsbourg, est construite. Après une longue période d’usage, le château sera démantelé durant la Guerre de Trente Ans.

Le Grand-Ribeaupierre (Saint-Ulrich)

Non loin de là, en regard du Saint-Ulrich et perché sur un étroit promontoire rocheux, le château du Girsberg a été édifié au XIIIe s., afin d’y loger une branche de la famille des Ribeaupierre. Le donjon pentagonal et de plan carré à l’intérieur daté du XIIe s. Le logis qui jouxte le donjon, est formé de deux bâtiments suivant peu ou prou la forme du rocher. Ces bâtiments sont flanqués d’une tour demi-circulaire et dateraient du XIVe s.

Le Girsberg

Le Haut-Ribeaupierre a probablement été édifié vers le milieu du XIIIe s. à l’emplacement d’un premier château dont l’existence est signalée dès le XIe s. L’ensemble de l’édifice est dominé par un imposant donjon circulaire qui offre une vue magnifique sur la plaine d’Alsace ainsi que sur les crêtes avoisinantes.

Nota : Un quatrième château aurait récemment été découvert en contrebas du Saint Ulrich.


Vol du 25 mai 2017…

Le château de l’Ortenbourg (Scherwiller, Alsace)

L’Ortenbourg (ou Ortenberg) est, avec le Ramstein, l’un des deux châteaux qui dominent la commune de Scherwiller (Alsace). Les ruines de ce château médiéval à quelques 437 m d’altitude et réalisent un très bel ensemble d’architecture militaire de montagne du 13e s.


Construit en granit lisse et blanc du plus bel effet, il est dominé par un donjon impressionnant pentagonal de 32 m protégé par un mur-bouclier et complété par un rempart de 17 m muni de trois rangées d’archères et dont la partie sommitale accueillait des hourds. Un profond fossé, creusé dans le roc, sépare le château du reste de la montagne.


Il abritait un logis seigneurial à fenêtres gothiques. L’ensemble était précédé d’une basse-cour. 


À noter, la présence à peu de distance d’un château de siège, le Ramstein, construit à la toute fin du 13e s. par Otton d’Ochsenstein pour servir de base arrière lors du siège du château de l’Ortenbourg.


L’accès au château par Scherwiller demande certes quelques efforts lorsqu’on emprunte le sentier des rochers pour rejoindre la ligne de crête mais les quelques efforts consentis sont à l’aune du magnifique panorama sur la plaine d’Alsace qu’offre le château de l’Ortenbourg !


Vidéo du vol du 29 avril 2017…


Galerie de clichés…

L’Ortenbourg — Vue du sud-est.
Les châteaux du l’Ortenbourg et du Ramstein. À l’arrière-plan, le val de Villé.
Le logis seigneurial. On distingue parfaitement sur la partie haute de l’enceinte, les emplacements recevant des hourds.l
Le donjon pentagonal précédé d’un mur bouclier
La rampe d’accès au logis interromue par un haha et couvert par un tour palière.
Le front nord couvert par un profond fossé creusé dans le roc.
Les larges fenêtres du 13e s. sont disposées au-dessus d’une série de meurtrières (archères) qui couvrent la basse-cour.
Front est du château de l’Ortenbourg
Le château de l’Ortenbourg — Vue d’apex
Le château de l’Ortenbourg — Détail du donjon pentagonal précédé d’un mur bouclier et d’un fossé (vue d’apex)
Vue de l’intérieur du logis
Plan affiché sur le site (corrections et compléments par l’auteur)